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Cacao : l’arbre qui cache la forêt

Tout le monde (ou presque) aime le chocolat, et la demande va bon train. Pour la satisfaire, la production de cacao se développe toujours plus, mais au détriment de la forêt tropicale et de sa biodiversité.

Plusieurs initiatives ont vu le jour pour essayer de changer la donne, que ce soit par le biais de labels (équitable, bio) ou à travers des Engagements Volontaires (EV) venant des entreprises du secteur. Cette étude de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) s’interroge sur leur efficacité réelle, car il semblerait que ces solutions aient leurs limites.

Tout d’abord, l’IDDRI fait le constat que la majorité de ces initiatives se focalisent sur les changements de modes de production, à l’échelle de la parcelle. Or cette approche, qui peut sembler logique de prime abord, contribue en réalité à faire peser la responsabilité uniquement sur les producteurs, et ignore totalement les dynamiques économiques qui expliquent le déplacement des zones de production au détriment de la forêt. En effet, face à la faiblesse structurelle des prix du cacao, il est bien plus rentable économiquement de déforester une nouvelle parcelle que de renouveler celle qui est en fin de vie, occasionnant ainsi une perte dommageable pour la biodiversité. Parmi les initiatives, seul le commerce équitable essaie d’influer sur cet enjeu, mais ses outils ne sont pas à la hauteur pour inverser les tendances économiques à l’œuvre.

Pour l’IDDRI, il est donc nécessaire de prendre du recul et d’analyser la filière du cacao selon une approche plus globale. Les auteurs rappellent que la structure actuelle du marché est aujourd’hui entièrement tournée vers la satisfaction d’une demande de consommation de masse en croissance continue. Pour ce faire, les industriels ont commoditisé la fève de cacao sèche, c’est-à-dire établi des standards mondiaux de sorte que tout échantillon de produit soit substituable à un autre, et ce afin de générer de volumineux flux de cacao en continu. Dans ce marché globalisé, maintenir une traçabilité et différencier les approvisionnements en fonction des spécificités de modes de production est devenu de plus en plus difficile et coûteux. En résultent des prix plus élevés pour le cacao issu de filières plus durables socialement et environnementalement, à l’image de celles équitable et bio, ce qui freine la demande des consommateurs et la capacité de ces initiatives à transformer le secteur.

L’IDDRI conclut que pour s’attaquer réellement à la déforestation et à la perte de biodiversité causées par la filière cacao, il faudrait plutôt considérer l’ensemble de la chaîne de valeur, en structurant des filières non plus en fonction d’une demande de masse, mais plutôt à partir d’une offre réellement durable.

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