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Un secteur en bonne santé (financière)

Alors que le monde entier planche sur un remède pour le Covid-19, le présent rapport produit par le centre de recherche néerlandais SOMO s’intéresse au secteur pharmaceutique et sa financiarisation.

Pour rappel, la financiarisation peut se définir comme la tendance à accorder un rôle croissant aux marchés financiers, acteurs financiers, institutions financières, et motivations … financières, dans l’économie. À l’échelle des entreprises, cette dynamique s’observe de trois façons, toutes au détriment des opérations de production : 1. hausse des réserves financières (trésorerie et investissement court-terme), 2. hausse des distributions aux actionnaires, et 3. hausse de la part des actifs immatériels (brevets, marques…) au sein des autres actifs.

Pour objectiver la financiarisation du secteur pharmaceutique, SOMO a étudié les comptes des 27 plus grosses entreprises du secteur depuis 2000. Les résultats sont sans appel :

  • les réserves financières sont presque multipliées par 3, pour grande partie financées par endettement
  • la distribution aux actionnaires, qui représentait en 2000 10% du chiffre d’affaire, atteint 20% en 2018
  • la part des actifs immatériels au sein du total des actifs passe de 13% à 50%

Finalement, les auteurs présentent ces entreprises comme des gestionnaires de portefeuilles, s’appuyant sur une bonne maîtrise des outils financiers pour acheter à la recherche publique ou à des petits laboratoires les brevets de produits prometteurs pour les valoriser au mieux, engendrant une hausse du prix de la santé. Pour SOMO, c’est un cas emblématique de (situation de ?) rente, basée sur l’appropriation et la création artificielle de rareté (via le monopole garantie par la propriété intellectuelle), plutôt que d’une réelle création de valeur par innovation et prise de risque.

Les auteurs concluent logiquement sur le constat que cette organisation de la chaîne de valeur pharmaceutique est loin d’optimiser la distribution des soins et produits de santé. De plus, la financiarisation de ce secteur (d’intérêt général, rappelons-le) met les entreprises pharmaceutiques en concurrence avec toutes les autres et les rend de plus en plus exposées à des événements financiers exogènes.

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