L'actualité des rapports

« Passe-moi la salade, je t’envoie la rhubarbe ! »

En 2018, 288 accords commerciaux préférentiels sont en vigueur dans le monde selon l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Leur objectif principal : faciliter les échanges entre parties signataires, en réduisant par exemple les tarifs (douaniers ou autres) de certains produits.

Dans ce rapport, l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) étudie le cas particulier de l’agriculture en se basant sur 54 accords passés entre 1958 et 2017, toujours en vigueur. L’analyse de l’OCDE montre que l’agriculture fut dans un premier temps majoritairement exclue de ces accords car jugée trop sensible politiquement. La crainte des États était que l’ouverture des marchés agricoles n’impacte négativement leurs agriculteurs.

Le début des années 1990 constitue un tournant : à partir de cette date, les parts de produits agricoles échangées dans le cadre d’accords commerciaux préférentiels augmentent fortement. En tête les produits laitiers dont 81% des échanges mondiaux en 2017 se sont fait dans le cadre d’un accord (contre 50% en 1993). Le bœuf et le sucre ont également connu des augmentations marquées, passant tous deux d’environ 20% en 1993 à presque 70% en 2017.

Pourquoi ce changement ? Le rapport de l’OCDE constate plus qu’il n’explique : les États ont visiblement décidé de ne plus traiter différemment l’agriculture, devenue un chapitre « comme les autres » des accords, et soumise aux mêmes conditions de libéralisation et fluidification des échanges. Concrètement, les auteurs du rapport soulignent positivement la baisse des « distorsions » des échanges (restrictions à l’exportation, taxes ou subventions…) mais notent néanmoins la quasi-absence de clauses relatives à la sécurité alimentaire, la protection de l’environnement ou le bien-être animal.

Leur conclusion : il faut aller encore plus loin, et supprimer des chapitres sur l’agriculture tous les reliquats de distorsions des échanges. Alors seulement les consommateurs et producteurs pourront récolter tous les bénéfices des marchés agricoles complètement libéralisés.

Le commerce libéralisé a encore de beaux jours devant lui.

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