décembre 2018

À quel saint se vouer ?

« Conformité Européenne (CE) » : ces deux mots apposés côte-à-côte sur nos produits nous suggèrent de les acheter les yeux fermés. Bruxelles veille et l’on peut dormir sur nos deux oreilles… Les faits confirment-ils la réalité ? Premiers éléments de réponse dans ce dossier allégé de fin d’année, au travers de l’exemple des jouets en plastique.

L’habit ne fait pas l’antimoine

Voilà une information qui n’a pas dû plaire au père Noël : des jouets en plastique commercialisés en Europe contiennent des proportions anormalement élevées d’antimoine et de composés bromés qui seraient dangereuses pour la santé.

Largement utilisés comme retardateurs de flamme dans l’industrie, l’antimoine et les composés bromés sont des polluants organiques nocifs pour la santé humaine dont l’usage est strictement encadré par la Convention de Stockholm ratifiée par l’Union Européenne. A priori donc, aucune raison pour que nous les retrouvions dans la bouche de nos enfants. C’est pourtant une possibilité selon ce rapport alarmant publié par une vingtaine d’ONG qui démontre comment des jouets contaminés par ces produits peuvent être commercialisés en toute légalité. Et ce dans des proportions non négligeables puisqu’il s’agirait d’environ 25% des produits testés dans l’étude.

Comment en est-on arrivé là ? Il semblerait que nous soyons en présence d’un gros « trou dans la raquette ».  En effet, si la convention de Stockholm limite bien la présence de substances nocives dans les produits en plastique, l’Union Européenne y fait exception quand ces derniers sont issus du recyclage.  Ainsi, dans le cas où votre jouet a la « vertu » d’être réalisé en plastique recyclé, il bénéficie d’un passe-droit même si ce plastique provient d’un vieil appareil électronique qui a toutes les chances de contenir des composés bromés ou de l’antimoine, pour empêcher que le produit ne prenne feu.

En conclusion, les ONGs mobilisées sur ce sujet demandent à mettre fin à une telle incohérence en abrogeant l’exemption accordée aux produits recyclés et en limitant plus fortement l’usage des substances nocives identifiées. Affaire à suivre…

Précédents débats

juin 2019

Cahier de vacances

mai 2019

(bio)Diversité d’indicateurs

avril 2019

Le vin et ses (des)accords

mars 2019

Caoutchouc cornélien

février 2019

Chroniques d’appellations non contrôlées

janvier 2019

Bio et environnement : alors ?

novembre 2018

Textile à tout prix : stop ou encore ?

octobre 2018

La fin des cabillauds ?

septembre 2018

La chasse à court de souffle

juillet 2018

Colosses aux pieds de sable